Pourquoi l’impact de ta formation plafonne (alors que tout est bien conçu)

Pourquoi l’impact de ta formation plafonne (alors que tout est bien conçu)

Tu as structuré ton programme et sélectionné les bons contenus, les bons outils.
Tu as prévu des mises en pratique concrètes.
Et pourtant, une phrase revient souvent : "𝐿𝑎 𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑡 𝑏𝑖𝑒𝑛… 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑐̧𝑎 𝑛’𝑎 𝑝𝑎𝑠 𝑣𝑟𝑎𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑐𝒉𝑎𝑛𝑔𝑒́ 𝑙𝑒𝑠 𝑐𝒉𝑜𝑠𝑒𝑠."

Une formation impactante, ce n’est pas celle qui plaît sur le moment.

C’est celle qui produit :
* de vrais résultats sur le terrain
* des changements visibles dans les pratiques
* des effets durables bien après la fin du programme

Avec le temps, j’ai compris que ce décalage ne vient pas toujours d’un problème de contenu ou de pédagogie. Il vient souvent d’un malentendu sur le niveau d’impact réel que peut produire la formation.

𝐓𝐨𝐮𝐭𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐧’𝐚𝐠𝐢𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐚𝐮 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐧𝐢𝐯𝐞𝐚𝐮
* certaines forment à comprendre,
* d’autres à faire
* quelques-unes seulement développent une capacité durable à agir dans des contextes complexes et changeants

Attendre d’une formation un impact qui relève d’un autre plan que celui sur lequel elle est conçue, c’est créer mécaniquement de la déception pour le participant, pour le formateur et pour l'entreprise.

C’est pour rendre cela plus lisible que j’utilise aujourd’hui : 𝐥’𝐄́𝐜𝐡𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝’𝐈𝐦𝐩𝐚𝐜𝐭©

Ce modèle permet de clarifier, sans les juger, ce que chaque niveau permet réellement… et ce qu’il ne peut pas produire seul.

𝐋’𝐄́𝐂𝐇𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐃'𝐈𝐌𝐏𝐀𝐂𝐓© - 𝐋𝐄𝐒 𝟯 𝐍𝐈𝐕𝐄𝐀𝐔𝐗

𝐍𝐈𝐕𝐄𝐀𝐔 𝟭 - 𝐂𝐎𝐍𝐍𝐀𝐈𝐒𝐒𝐀𝐍𝐂𝐄 / 𝐒𝐀𝐕𝐎𝐈𝐑/ 𝐈𝐍𝐅𝐎𝐑𝐌𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍

C’est le niveau le plus répandu (historiquement et "scolairement").
À ce niveau, la formation agit principalement sur la compréhension : connaissances, concepts, méthodes, bonnes pratiques.
Son apport est fondamental. Elle éclaire, structure, donne un langage commun, permet de comprendre ce qu’il faudrait faire.
Mais ce niveau a une limite claire : comprendre n’engage pas nécessairement l’action, encore moins son inscription dans la durée.
=> On peut comprendre parfaitement…et continuer à faire exactement comme avant.


𝐍𝐈𝐕𝐄𝐀𝐔 𝟮 - 𝐀𝐂𝐓𝐈𝐎𝐍/𝐈𝐌𝐏𝐋𝐄́𝐌𝐄𝐍𝐓𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍

Ici, on va plus loin, on passe de la théorie à la pratique. La formation ne se contente plus d’expliquer, elle cherche à faire faire.
On travaille le "comment" : outils concrets, méthodes opérationnelles, mises en situation/jeux de rôles, projets réels.
Beaucoup de formateurs et d’ingénieries pédagogiques travaillent déjà ici.
Ce niveau permet un passage à l’action réel. Il produit des résultats visibles à court terme, un sentiment de progression et parfois un vrai déclic… temporaire.
Mais une limite apparaît fréquemment : l’action ne s’installe pas toujours dans la durée et reste dépendant du cadre de formation.
=> On peut savoir quoi faire…le faire une fois…le faire tant que le cadre est là…puis revenir aux anciens réflexes.
Pourquoi ? Parce que l’action mobilise bien plus que des compétences.


𝐍𝐈𝐕𝐄𝐀𝐔 𝟯 - 𝐓𝐑𝐀𝐍𝐒𝐅𝐎𝐑𝐌𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍/𝐈𝐃𝐄𝐍𝐓𝐈𝐓𝐄

Ce niveau est moins formalisé, pourtant, c'est celui sur lequel se joue l'impact réel et durable.
C'est le niveau du 𝐐𝐔𝐈.

Ici, la formation travaille sur les conditions qui permettent à l’action de s’installer dans le temps.

Cela inclut la dimension identitaire - la posture depuis laquelle la personne agit - , le rapport au rôle, à la responsabilité, à l’incertitude (…) mais aussi la manière dont le changement est pensé : dans le temps, de façon cyclique.

Ici, la question n’est plus : "Que doit-elle apprendre ?" et "Que doit savoir faire la personne ?"
mais : " Qui doit-elle devenir pour que cette action soit naturelle et durable ?"

👉 C’est là qu'impact devient durable parce que 𝐜𝐞 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥’𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐥𝐞𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐜𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐞́𝐦𝐞𝐫𝐠𝐞. Et les compétences restent mobilisables, même quand le contexte change.


𝐋𝐄 𝐌𝐀𝐋𝐄𝐍𝐓𝐄𝐍𝐃𝐔

Le problème, ce n’est pas que les formations des plans 1 ou 2 ne soient pas qualitatives. Le problème, c’est le type d’impact qu’on leur demande de produire.

On attend d’elles :
* des changements qui tiennent dans le temps
* des comportements mobilisables en autonomie
* des prises de décision plus assumées
* une capacité à agir dans des contextes complexes
alors même que les dispositifs ont été conçus principalement pour informer ou outiller.

Autrement dit : on attend un niveau d’impact qui ne correspond pas au niveau de conception - et d'animation - de la formation.

Ce modèle n'est pas là pour juger mais pour clarifier et il permet de se poser les bonnes questions :
=> 𝐐𝐮𝐞𝐥 𝐧𝐢𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐝’𝐢𝐦𝐩𝐚𝐜𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐯𝐫𝐚𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐝𝐮 ?
=> 𝐄𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐜̧𝐮𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐚𝐭𝐭𝐞𝐢𝐧𝐝𝐫𝐞 ?

Car une chose est sûre : 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐚𝐜𝐭 𝐫𝐞́𝐞𝐥 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐧𝐞 𝐝𝐞́𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥𝐞 𝐧𝐢𝐯𝐞𝐚𝐮 𝐚𝐮𝐪𝐮𝐞𝐥 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐚 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐩𝐞𝐧𝐬𝐞́𝐞.
Aujourd’hui, beaucoup de formations s’arrêtent aux niveaux 1 ou 2, tout en espérant des résultats de niveau 3.
Et c’est précisément là que naît la déception :
* côté entreprises
* côté formateurs
* côté participants